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Université Inc. – Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir

J’étais un lecteur. J’ai arrêté de lire. J’ai décidé de recommencer à lire.

Je ne sais pas quel fût le déclic mais ce que je sais, c’est que, lorsque je suis revenu dans la maison familiale à Montréal pour les vacances de Noël, ma mère m’a présenté le livre «Université Inc. – Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir» d’Éric Martin et Maxime Ouellet. J’avais entendu parler de ce livre depuis quelques temps. Il faut dire que je milite dans le mouvement étudiant depuis environ 3 ans. J’ai donc jugé qu’il serait intéressant que je lise ce livre question de mieux comprendre quel sont les arguments contre la hausse des frais de scolarité que les auteur avancent. Dans mon cercle d’ami, j’ai des amis qui sont farouchement opposés à toute hausse des frais de scolarité. Certains sont même pour la gratuité scolaire. Je fait d’ailleurs parti de ces gens. J’ai aussi des amis qui sont opposé à la hausse des frais de scolarité de 325$ sur 5 ans que le gouvernement Charest a prévu à partir de 2012. Ces gens-là trouvent que cette hausse est beaucoup trop élevé mais ils considèrent que les étudiants devraient faire plus leur part pour le financement des universités. Certains sont totalement pour la hausse des frais de scolarité telle que prévue dans le dernier budget Bachand. Bien sûr, je ne pense pas que ces derniers vont changer d’opinions. Peut importe ce qui va arriver, ils vont probablement continuer à croire que les étudiants devraient payer plus pour aller à l’université. Ce livre ne s’adresse donc pas à eux, mais il s’adresse à ceux qui considèrent qu’une hausse des frais de scolarité mineure permettant aux étudiants québécois de faire leur juste part serait une bonne chose. En fait, en plus de s’adresser à eux, il pourrait même leur faire changer d’avis.

Comment est-ce que ce livre peut leur faire changer d’avis. En gros, ce livre présente 8 mythes concernant la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir. Voici ces mythes.

  1. «Il faut augmenter les frais de scolarité parce que les universités sont sous-financées.»

Il est important de préciser que les universités ne sont pas sous-financés, c’est juste que l’argent disponible va dans des postes budgétaires qui ne sont pas utile à la mission première de l’université, à savoir la transmission du savoir. En gros, au lieu d’aller dans l’enseignement, l’argent va dans l’immobilier, la gestion, la recherche et la protection de la propriété intellectuelle des universités.

2. «La hausse des droits de scolarités ne réduit pas l’accès à l’université»

Malheureusement, lorsqu’on augmente les frais de scolarité, les étudiants se font moins nombreux sur les bancs d’écoles

3.«La hausse des frais de scolarité sera compensée par une augmentation de l’aide financière aux études et indexera ces frais à la valeur qu’ils avaient en 1968.»

Malheureusement, le système d’aide financière aux études est déjà déficient puisque plusieurs personnes qui en aurait grandement besoin n’y ont pas accès. Ces gens ne pourront donc pas se permettre d’aller à l’université. Déjà qu’ils ont de la misère à y aller maintenant, je vois mal comment ils pourraient se le permettre avec une hausse de 1625$. Et pourquoi 1968. Tout simplement parce que c’est la dernière année avant l’implantation d’un système d’université publique et donc accessible à tous.

4. «La modulation des frais de scolarité par discipline est plus équitable»

Certains tenants de la hausse des frais de scolarité proposent que le prix des études ne soit pas les même en fonction de la discipline d’études. Cela n’est pas une bonne chose. Admettons que je viens d’une famille pauvre, que je veut aller étudier en médecine et que ce programme est rendu beaucoup plus cher que le programme d’art. Je n’aurai pas l’argent pour aller étudier en médecine. Je ne pourrais donc pas étudier dans le domaine dans lequel je veut étudier.

5. «Il est juste d’augmenter les frais de scolarité parce qu’en investissant davantage dans leur « capital humain », les étudiants vont obtenir un meilleur salaire une fois sur le marché du travail.»

Bien sûr que si vous allez à l’université, vous allez gagner plus d’argent mais il reste que, selon une étude du gouvernement du Québec, entre 2009 et 2010, le taux horaire moyen des diplômés universitaire a chuté de 0,2%. En comparaison, les gens avec seulement un diplôme d’études secondaires complétés ont vu leur taux horaire augmenter de 2,3%.

6. «Le bas prix des études universitaires diminue la valeur des diplômes.»

En quoi est-ce que de payer plus pour aller à l’université va me permettre d’avoir une meilleure éducation. Si je tient à avoir une bonne éducation, j’irais étudier dans les pays scandinaves. C’est considéré comme un des meilleurs systèmes d’éducation au monde. Pourtant, l’éducation y est gratuite.

7. «Les dons privés ne menacent pas l’université.»

Lorsqu’une entreprises privée donne de l’argent à quelqu’un, généralement, c’est qu’elle veut quelque chose en retour. En quoi serait-ce différent lorsqu’une entreprise privée donne de l’argent à une université? Ce qui se passe, c’est que, la recherche et le développement coûte extrêmement cher pour les entreprises. Ils donnent donc de l’argent aux universités pour qu’ils fassent de la recherche et du développement à leur place. C’est donc le public qui paye tandis que l’entreprise empoche les profits.

8. «La commercialisation de la recherche universitaire va servir à financer le système universitaire.»

Ce financement découlant de la commercialisation n’aura pas lieu, principalement parce que l’argent gagné grâce à ces recherches sera réinvesti dans la protection des résultats des recherches et non dans l’enseignement.

Voilà en gros ce qu’Éric Martin et Maxime Ouellet avaient à dire concernant ce sujet. J’ai tenté d’expliquer du mieux possible ce qui était inscrit dans le livre. Si vous tenez véritablement à bien comprendre ce sujet, je vous invite à acheter le livre, qui est édité par la maison d’édition Lux Éditeur.

Rappelons aussi que le livre se termine par 4 courts textes de plusieurs personnalités publiques. Ces personnalités sont Guy Rocher, Lise Payette, Omar Aktouf et Victor Lévy-Beaulieu.

Texte écrit le 24 décembre 2011

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